Vente record pour la sculpture de Giacometti "L'Homme qui marche I" chez Sothby's à Londres le 03 février 2010
AFP/Carl CourtL'oeuvre a été acquise pour 65 millions de livres (74,2 millions d'euros), battant le record mondial pour une oeuvre d'art vendue aux enchères, a annoncé la maison Sotheby's.
Le précédent record avait été atteint par le tableau de Picasso, Garçon à la pipe, vendu 104,2 millions de dollars (58 millions de livres) en 2004 par Sotheby's à New York.
"Après huit minutes d'une bataille d'enchères rapide et furieuse entre au moins 10 acheteurs potentiels", la pièce a été vendue "à un enchérisseur anonyme au téléphone", a indiqué la maison d'enchères.
La sculpture en bronze de taille humaine, estimée entre 12 et 18 millions de livres, s'est vendue plus de trois fois plus cher que son estimation la plus élevée. L'oeuvre du sculpteur et peintre suisse était vendue par la banque allemande Commerzbank.
Marché de l'art: l'embellie ?
Ce record mondial toutes catégories battu par la sculpture confirme un regain de confiance - tout du moins pour les valeurs sûres - du marché de l'art, durement touché par la crise financière.
"Ce résultat exceptionnel permet à Sotheby's d'enregistrer son plus beau score" pour une soirée de vente londonienne (146,8 millions de livres) et "inaugure un renouveau du marché de l'art 2010 après un an et demi de crise", affirme le site internet d'informations sur le marché de l'art Artprice.com.
"La confiance est de retour depuis qu'ont été vendus à un bon prix, en novembre à New York, L'Homme qui Chavire de Giacometti à Sotheby's, et le 200 One dollar bill d'Andy Warhol", a confirmé Georgina Adam, rédactrice en chef du magazine Art Newspaper.
Mais Robert Read, un responsable de Hiscox, l'un des premiers assureurs d'oeuvres d'art, nuance ces propos en soulignant que, malgré la crise, les pièces exceptionnelles -devenues rares ces dernières années - continuaient à trouver preneur: "C'était un Giacometti très rare, encore plus rare dans le cadre d'enchères, donc cela a vraiment agité les méga-collectionneurs. Il suffit que deux milliardaires veuillent la même chose pour atteindre ce genre de prix", a-t-il souligné.
Le marché de l'art avait atteint un pic en 2007, avec une valeur globale de 65 milliards de dollars, avant de redescendre aux alentours de 50 milliards, selon les estimations de la société de conseil Arteconomics. Et les prix des oeuvres d'artistes contemporains comme Damien Hirst ont atteint des sommets en 2006 et jusqu'à l'automne 2007, à la faveur d'achats spéculatifs. Jusqu'à la faillite de la banque américaine Lehman Brothers, qui a plongé le monde dans une crise financière.
Et Robert Read de conclure: "Nous étions dans une grande bulle, où tout était vendu à des prix très élevés, mais nous sommes revenus à une période normale". "Les gens veulent bien dépenser de l'argent mais ils veulent de grands artistes. Et ils veulent des oeuvres reconnues, et non plus des oeuvres contemporaines fragiles qui sortent juste des ateliers."



