James Ensor, Squelettes se disputant un hareng saur, 1891, Bruxelles, Musées royaux des Beaux Arts de Belgique
© © MRBAB, Bruxelles © ADAGP, Paris 2009A ses débuts, le peintre belge alterne paysages, natures mortes et scènes d'intérieur où il s'attache à rendre la lumière.
Animé par un grand élan mystique, James Ensor (1860-1949) se met à peindre des paysages illuminés. Supportant mal le regard critique du public, son pinceau se fait plus acide, il peint alors des masques et des squelettes.
Peintre singulier, James Ensor a reçu une formation traditionnelle à l'Académie de Bruxelles. Dans les années 1880, il est de retour chez lui, à Ostende, et veut révolutionner la peinture. Il peint alors, à larges touches, des paysages de la mer du Nord avec des ciels immenses, des natures mortes, des scènes d'intérieur bourgeois ou des portraits sociaux au café. Dans toutes ces oeuvres, il s'attache au traitement de la lumière.
Ensor refuse toute assimilation aux impressionnistes. Il estime être le premier à avoir approché l'expression de la lumière dans sa vérité. Sa quête se poursuit avec des scènes religieuses, des paysages mystiques illuminés, où la lumière devient l'expression d'un souffle divin. André Masson le comparera à Turner.
L'année 1887 est un tournant dans l'oeuvre d'Ensor: sa série de Visions, grands dessins religieux audacieux, est mal reçue au Salon. Le peintre en est très affecté. "Ensor se retrvoue seul, incompris. Il ne s'en remettra jamais", selon Laurence Madeline, conservatrice au Musée d'Orsay. Il se met à utiliser les couleurs pures, voulant des "effets violents", et peint des masques, revendiquant que "ces masques me plaisaient aussi parce qu'ils froissaient le public qui m'avait si mal accueilli".
"Mon enfance a été peuplée de rêves merveilleux", disait James Ensor, dont la mère tenait un magasin de souvenirs plein de coquillages et de masques. Ses oeuvres, désormais peuplées de squelettes et de masques grotesques, se font plus graphiques et plus violentes. "L'art d'Ensor devient féroce", écrit Emile Verhaeren. Il représente médecins, chanteurs, vieilles bourgeoises sous des traits grimaçants.
Une section de l'exposition est dédiée aux autoportraits. En effet, Ensor a pratiqué le genre toute sa vie, en réalisant plus de cent. Une façon pour lui, selon Verhaeren, d'affirmer sa place dans la société. Il se représente en portrait classique, en tête de mort, au milieu des masques. Variant par le format, la technique, le style, les autoportraits d'Ensor sont représentatifs des différents aspects de son oeuvre, dont il revendique toutefois l'"unité".
Se voulant un révolutionnaire de la peinture, Ensor, qui a assisté à la naissance du cubisme, du futurisme et du surréalisme et de l'expressionnisme, affirmait avoir "anticipé tous les mouvements modernes".
James Ensor, Musée d'Orsay, 1 rue de la Légion d'Honneur, 75007 Paris, 01-40-49-48-14
Tous les jours sauf lundi, 9h30-18h, nocturne le jeudi jusqu'à 21h45
Tarifs: 9,50 euros / 7 euros
Jusqu'au 4 février
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