Pierre Soulages, Eau-forte XXVII, 1974, Collection particulière. Photo F.Walch (c) ADAGP, Paris 2009
©Alors que, en peinture, Pierre Soulages se mettait à n'utiliser que du noir, il a poursuivi une oeuvre imprimée plus "colorée".
Le musée a réuni 120 oeuvres, eaux-fortes, lithographies et sérigraphie, qui font partie de la collection de l'artiste et de la donation qu'il a faite au Musée Soulages qui ouvrira ses portes en 2012 à Rodez.
Alors que le centre Pompidou présente une rétrospective Soulages axée plus particulièrement sur ses peintures, où il joue avec la lumière sur des toiles entièrement noires, l'exposition de Strasbourg est comme une rétrospective de l'oeuvre imprimé de Soulages, puisqu'elle rassemble des oeuvres des années 1950 à aujourd'hui, des premières oeuvres en taille douce imprimées à l'atelier Lacourière à des sérigraphies toutes récentes.
Pour Soulages, la gravure est un mode d'expression important. Il dit qu'il a des "crises de gravures", périodes durant lesquelles il renonce à peindre pour se consacrer uniquement à la gravure.
Le noir et le blanc se retrouvent dans la gravure comme dans la peinture de Soulages, dès le début des années 1950, mais il s'autorise sur le papier des développements chromatiques auxquels il a renoncé dans sa peinture.
L'exposition est divisée en trois grands espaces dédiés à l'eau-forte, à la lithographie et à la sérigraphie.
L’eau-forte est la technique avec laquelle Soulages développe les propositions plastiques les plus radicales. Dès 1957, il utilise toujours plus d’acide pour ses oeuvres jusqu'à percer, un jour par accident, sa plaque de cuivre. Cet accident est bientôt revendiqué par l’artiste comme un processus de création à part entière et de là naîtront des oeuvres singulières où la plaque de cuivre, rongée et percée, gagne une dimension sculpturale. Soulages garde longtemps ces plaques de cuivre et en fait même réaliser, des années plus tard, des éditions agrandies. Ces grandes stèles en bronze (Bronzes I, II et III) sont présentées dans l’exposition, près des estampes qui les ont précédées.
La section consacrée aux lithographies entend mettre en évidence l'aspect calligraphique de certaines d'entre elles. Sur d'autres, Soulages crée un effet de saturation, la feuille étant envahie par l'encre. Il racle parfois l'encre, créant des transparences.
Les sérigraphies constituent le volet le plus récent de l’oeuvre imprimé de Pierre Soulages. Il aborde pour la première fois cette technique en 1973, et y revient de façon intermittente jusque dans les années 2000. Elle permet, selon lui, d'"avoir des matités superbes (...) qu'on n'arrive jamais à obtenir en lithographie".
Soulages, le temps du papier, Musée d'art moderne et contemporain de la ville de Strasbourg, 1 place Hans Jean Arp, Strasbourg, 03-88-23-31-31
Tous les jours sauf le lundi
mardi, mercredi et vendredi 12h-19h
jeudi 12h-21h
samedi-dimanche 10h-18h
tarifs: 6€ / 3€
jusqu'au 3 janvier
Voir aussi
>> Soulages en noir et en lumière au Centre Pompidou
>> Les idées noires de Pierre Soulages
>> Les petits Papiers de Pierre Soulages
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