Damien Hirst devant un de ses requins, exposé au Musée océanographique de Monaco
AFP / Valery HacheL'artiste britannique provocateur y expose des requins plongés dans le formol, un agneau coupé en deux ou un Saint Barthélémy en argent.
L'artiste, qui estimait dans le temps que le musée, c'était "bon pour les artistes morts", a tout de même accepté l'idée d'une rétrospective, proposée par le prince Albert II.
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Un requin blanc et un requin marteau, suspendus dans des containers de formol, se décomposeront lentement, au bout de cent ou deux cents ans. Ces pièces sont des "memento mori", destinées à rappeler au spectateur l'imminence de sa mort.
Quand on demande à Damien Hirst s'il a réalisé l'exposition la plus anti-écologique de l'année, il se défend: "Ce sont de très vieux requins. Ils n'ont pas été pêchés pour moi. Je n'ai jamais tué quoi que ce soit pour de l'art."
Un agneau coupé en deux, dont on peut contempler les viscères, est encadré par quatre vitrines plaquées or remplies de pierres précieuses synthétiques: saphirs, émeraudes, rubis produits en laboratoire et zircons de forme cubique.
Damien Hirst, qui a la réputation d'être "l'artiste le plus riche du monde", a voulu montrer le lien intime qu'entretiennent la mort et l'argent : "Les suaires n'ont pas de poche, commente-t-il, quand vous quittez ce monde vous ne prenez rien avec vous."
Une sculpture en argent plaquée or baptisée Saint Barthélémy, douleur exquise représente le saint martyr dont la peau d'écorché vif, suspendue à son bras, descend en volutes dorées vers le sol. Il ne manque que le célèbre crâne incrusté de diamants, For the Love of God : "Il est dans un coffre à Londres", confie Damien Hirst, démentant vigoureusement les rumeurs selon lesquelles l'oeuvre aurait été remise en pièces détachées et les diamants vendus.
Baptisée Cornucopia (Corne d'abondance), l'exposition présente un peu plus de 60 oeuvres de Hirst, représentatives des quinze dernières années. Pour lui, le but de la rétrospective est d'instaurer un dialogue entre le nouveau et l'ancien, les arts et la science.
Son requin-marteau voisine avec le premier sous-marin en bois construit en 1774 par l'Américain David Bushnell. Le Pardon, immense vitrine de verre et acier qui présente 3.502 papillons, scarabées et divers insectes disposés sur de minces étagères, se trouve non loin d'un baleinier à harpon.
Damien Hirst, 44 ans, veut se démarquer de l'étiquette "conceptuelle" qui lui colle à la peau: "A mesure que je vieillis, je me sens plus traditionnel que conceptuel. Au bout du compte, je souhaite faire quelque chose qui parle au coeur plutôt qu'à l'esprit."
L'exposition est ouverte jusqu'au 30 septembre au Musée océanographique de Monaco.



