Nikita Mikhalkov - "12"

Nikita Mikhalkov - "12"

© Kinovista
De Nikita Mikhalkov (Russie), avec : Sergey Makovezkij, Nikita Mikhalkov, Sergeï Garmash - 2h30

En Russie, à l’issue d’un procès, douze jurés se réunissent pour décider du sort réservé à un jeune tchétchène accusé du meurtre de son père adoptif, vétéran russe de la guerre dans le Caucase. La décision doit être prise à l’unanimité.

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Si au début du débat, le sort du jeune homme semble scellé, une voix s’élève pour le défendre. Progressivement, les jurés vont revenir sur leur décision, en exposant les uns après les autres leurs arguments pour finalement se révéler à eux-mêmes, pendant que le jeune accusé revit dans sa cellule son parcours durant la guerre...

La critique

"12" - © Kinovista Immense réalisateur russe, l’on doit notamment à Nikita Mikhalkov Partition inachevée pour piano mécanique, Les Yeux noirs, Le Barbier de Sibérie ou Soleil trompeur. Avec 12, il adapte au contexte russe contemporain la célèbre pièce de Reginald Rose et le film de Sydney Lumet, Douze hommes en colère.

Huis clos de 2h30, 12 ne s’avère ni une simple adaptation ni un remake, mais la relecture d’une situation dramatique à la lumière de la Russie et du conflit tchétchène. Un éclairage bien différent de l’Amérique des années 50 sous lequel se déroulaient la pièce originale et le film de Lumet. C’est l’excellente idée du film, tout en cohérence avec le cinéma de Mikhalkov qui s’est souvent exercé au huis clos et à donner une vision subjective de son pays.

Si le parti est louable, 12 n’en reste pas moins bavard, chaque protagoniste passant l’un après l’autre pour exposer son point de vue au cours de longs monologues. Ils sont ponctués de quelques scènes de combat, ou montrant l’attente de l’accusé dans sa cellule qui se remémore la guerre. Il y a également cette belle idée de l’oiseau voletant tout le long des débats dans le gymnase où les jurés sont obligés de se réunir faute de salle disponible au sein du tribunal en réfection. Ne serait ce que ce lieu, il en dit long sur la situation russe.

Mikhalkov joue souvent sur la durée et passe beaucoup par le dialogue. Il utilise ici son parti pris, tant pour faire un état de la Russie, que des portraits psychologiques forts. Mais ses outils tirent un peu trop sur la corde, au risque de laisser le spectateur au bord du chemin.


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