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Stéphane Brizé, sur un scénario qu’il cosigne avec Florence Vignon, d’après un roman d’Eric Holder, réalise un film d’une sensibilité telle qu’il en devient difficile à décrire. Avec un casting parfaitement au point : Vincent Lindon, Sandrine Kiberain et Aure Atika, Stéphane Brizé touche au cœur avec une émotion à fleur de peau, sans tomber dans le mélo. Une gageure.
Quoi de plus banal que de raconter l’histoire d’un homme séduit par une autre femme que la sienne ? Mademoiselle Chambon y parvient en nous en exposant toutes la subtilité des sentiments. Machistme ? Non. Cela est bien plus fin. Lindon et Kiberlain, sans oublier Aure Atika (qui s’avère de films en film de plus en plus convaincante) participant d’un discours qui décrypte avec acuité le couple.
Il y a bien sûr cet aspect deux pièces cuisine, propre au cinéma français. Mais il est ici justifié. Au moins ne sommes nous pas chez des publicistes, journalistes, ou avocats, voire étudiants, fréquents dans les films d’« auteurs ». Nous sommes chez un maçon et son épouse. A ce titre Aure Atika s’avère comme une de nos meilleures actrices actuelles, tout en justesse, comme Sandrine Kiberlain et Vincent Lindon, envers lesquels elle n’a rien à envier.
Mademoiselle Chambon est à l’image de son titre, un film modeste qui contient et révèle pour le spectateur toute sa verve : celle de la puissance des sentiments, rarement exprimée avec une telle force sous une forme si abstraite. Tout en sous entendus, en silences, en accord avec les dilemmes auxquels se prêtent les protagonistes, jusqu’au bout.
Un décryptage tout en finesse, tenu par des comédiens remarquables et une mise en scène discrète et à propos. Mademoiselle Chambon touche juste, au bord des larmes. Une rencontre qui suscite l’envie, le désir, l’amour, pour aboutir à un film aimé. Sobre et superbe : juste et émouvant.
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