Christian Estrosi
© AFP - Miguel MedinaCette charte de bonnes pratiques entre donneurs d'ordres et façonniers de la couture vise à "refonder les relations" entre maisons de luxe et sous-traitants.
"Cette charte déterminerait de façon très concrète les règles et les conditions du cadre contractuel, de la propriété intellectuelle, des conditions de règlement", a déclaré le ministre à l'issue d'une réunion avec des représentants des principales maisons de haute couture françaises, dont Christian Dior, Chanel, YSL, Louis Vuitton, Agnès b. ou Nathalie Rykiel.
"Premier exemple: il est important que les donneurs d'ordre puissent faire l'effort de s'engager sur un niveau minimum de commandes à la façon française sur une période donnée. Second exemple: il est souhaitable que les grandes marques qui souhaiteraient se séparer d'un sous-traitant respectent une période de préavis", a-t-il poursuivi.
Le ministre a annoncé le lancement d'un programme visant à renforcer la compétitivité des façonniers français, qui "doivent optimiser leurs coûts de production, améliorer leur offre et être plus réactifs". Ce programme passera notamment par le développement "d'ici deux ans" d'une plateforme internet permettant aux sous-traitants "de se connecter pour la mise au point des nouveaux modèles:coupe, choix du tissu, estimation du coût de production industrielle seront notamment disponibles", a ajouté M. Estrosi. "Cela permettra aux façonniers, à partird'une demande de leurs donneurs d'ordre, de mettre au point très rapidement les nouveaux modèles et d'indiquer le prix de ces produits", a-t-il estimé. D'un coût total d'environ un million d'euros, il sera financé à hauteur de 50% par le ministère de l'Industrie.
"Un diagnostic centré sur les attentes des consommateurs et les évolutions des facteurs-clés de succès du métier de façonnier sera effectué de janvier à novembre" 2010, a également annoncé M. Estrosi. "Nous avons besoin de veiller à ce que cette quarantaine ou cinquantaine de sous-traitants français puissent traverser cette période pour que nous préservions le savoir-faire ouvrier, un savoir-faire que l'on a perdu par exemple dans le domaine de la chaussure", a estimé M. Estrosi.
Les collections de prêt-à-porter (hors accessoires et bijouterie) des grandes griffes du luxe sont fabriquées par 160 sous-traitants, principalement installés dans l'Ouest de la France, pour un chiffre d'affaires d'environ 100 millions d'euros. Avec la baisse du marché mondial du luxe, estimée par le cabinet Bain & Co à 8% en 2009, les grands groupes ont parfois drastiquement réduit leurs commandes et ont aussi eu recours à la délocalisation pour réduire leurs coûts de production. Les façonniers fançais ont vu leur carnets de commandes chuter de 25% à 30% cette année, avec des baisses pouvant aller jusqu'à 60% pour certains d'entre eux. Ils ont aussi été fragilisés par un recours croissant à la délocalisation, au profit d'ateliers italiens ou d'Europe centrale. La région, qui employait 6.000 personnes fin 2008 a vu ses effectifs fondre de 20% en l'espace d'un an.
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