Le classique et la world s'unissent à Africolor - Festival / Seine-Saint-Denis

Festival / Seine-Saint-Denis

16/11/2009 | 16:48 par Annie YANBEKIAN

Le classique et la world s'unissent à Africolor

- Africolor - 13 novembre - 20 décembre 2009 -

Africolor

© 13 novembre - 20 décembre 2009

Jusqu'au 20 décembre, le festival fête ses 20 ans en mélangeant les genres, sans rien perdre de sa fibre militante

Parmi les 25 soirées prévues dans 20 villes du "93" et du Val-de-Marne, certaines proposent des alliances inédites: quatuor de musique contemporaine et musicien malien, ensemble contemporain et groupe burkinabé, formation baroque et artistes éthiopiens...

Pour les organisateurs, Africolor offre une belle réponse au débat sur l'identité nationale.

"Je n'aurais jamais pensé qu'un quatuor à cordes contemporain viendrait un jour à Africolor", a confié à l'AFP Philippe Conrath, directeur d'un festival dédié à l'origine aux musiques de la sphère africaine, du Mali à la Réunion, du Cap-Vert au Maghreb. Le coup d'envoi a été donné le 13 novembre.

Et pourtant, le 20 décembre à la MC93 de Bobigny, le quatuor de musique contemporaine Béla, qui milite pour les croisements musicaux, se produit avec le griot malien Moribo Koïta, qui joue aussi d'un instrument à cordes, le n'goni.

Le 11 décembre à Saint-Ouen, sept musiciens de l'ensemble contemporain Ars Nova et une formation de six musiciens burkinabè interprètent une partition imaginée par Sylvain Kassap, une figure du jazz improvisé.

Le 15 décembre au Blanc-Mesnil, l'Ensemble baroque XVIII-21 partage la scène avec des artistes éthiopiens: le groupe Fendika associé au danseur traditionnel Mélaku Bélay et sa  gestuelle très contemporaine. Les sonorités du clavecin et du masinqo (violon à une corde éthiopien joué par les troubadours) y seront unies...

"Les musiciens d'ici ont vraiment envie aujourd'hui d'aller rencontrer les musiciens de là-bas, avec une vraie envie de créer un répertoire nouveau. On est dans une période de véritable création d'une nouvelle esthétique", a expliqué Philippe Conrath, qui tient à ce qu'Africolor se fasse "l'écho fort" de cette mutation.

Africolor propose de nombreuses autres rencontres entre différentes régions du monde et divers styles musicaux. Le 19 décembre à Montreuil, le Jacky Molard Quartet, spécialiste des fusions entre musiques bretonne, balkanique et contemporaine, dialoguera avec un trio malien emmené par la chanteuse Founé Diarra.

Africolor a également invité certains groupes à se produire seuls, comme Staff Benda Bilili, une formation congolaise inclassable, animée par des chanteurs paraplégiques de Kinshasa (25 novembre à Pantin).

>> Le site officiel d'Africolor
>> Le programme d'Africolor

 
Métissage des musiques VS identité nationale

Les organisateurs de la 21e édition d'Africolor sont en colère et ne s'en cachent pas. Un éditorial en homepage du site du festival, en ligne dans les jours précédant le coup d'envoi du festival, n'y allait pas par quatre chemins: «Si la musique se bouge, les idées régressent.» Et le billet d'humeur fustigeait «l'identité nationale, un sujet abordé dès la fin des années 80 et qui réapparaît en force avec le sarkozisme triomphant». Un billet probablement écrit par le fondateur et directeur du festival, Philippe Conrath.

Il rappelait d'ailleurs que dès l'automne 2007, il s'était alarmé d'un retour du débat sur l'identité nationale, en citant l'éditorial de l'époque: «Comment l’Etat peut-il s’avancer à définir cette identité ni unique ni figée ? Si Africolor surfe depuis près de vingt ans sur les musiques africaines, n’est-ce pas parce qu’elles font totalement partie de notre culture musicale ? Et la transe, le maloya, le tango, le soufisme, le gwo ka, le djembé ne nourrissent-ils pas nos identités faites d’éléments hétéroclites, d’animisme et de scepticisme, de religiosité et d’impertinence, de résistance et de questionnement ?»

Deux ans plus tard, le ministre de l'Immigration et de l'identité nationale «Eric Besson en remet une couche. Alors, comme en 2007, on va vendre à tous les concerts du festival le petit essai d’Edouard Glissant et de Patrick Chamoiseau intitulé 'Quand les murs tombent. L’identité nationale hors-la-loi ?': un excellent outil pour remettre les idées à leur place.» A l'heure actuelle, la homepage du festival a troqué le billet rageur contre un éditorial plus consensuel, laissant place à la musique...

Commentaires - passer au bloc suivant
   

Publicité

   
   

Liens publicitaires

   
   

Voir aussi

Tournoi des VI Nations

Faîtes vos pronostics gratuitement et défiez vos amis !

Ski Challenge 2012

Participez à la meilleure simulation de ski et gagnez les cadeaux mis en jeu !

NOUVEAU Questions Pour Un Champion On Line !

Découvrez la nouvelle version du célèbre jeu en ligne !

Tout Le Monde Veut Prendre Sa Place!

Jouez au jeu culte sur internet! Gratuit!

   
Informations légales
Logo France Télévisions Droits de reproduction et de diffusion réservés © 2012 France Télévisions
Devenir annonceur sur nos sites | Mentions légales et crédits | Conditions générales d'achat
France 3.fr, adhérent du Geste, est un site du groupe France Télévisions
Les sites du groupe France Télévisions :