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Natalie Dessay, fraîchement rentrée au pays pour profiter des siens, peut savourer le goût du devoir -bien- accompli. De la scène au disque, de la télévision au DVD, des écrans de cinéma aux contes pour enfants, elle aura été sur tous les fronts en cette année 2008 ! Son actualité artistique demeure très chargée.
D’abord, la soprano a participé à deux enregistrements phonographiques de prestige avec le chef baroque Emmanuelle Haïm (dont son récital de cantates de Bach), sortis presque simultanément cet automne (voir encadré ci-dessous). Au printemps dernier, sa maison de disques Virgin Classics a sorti une édition DVD de la production triomphale, signée Laurent Pelly, de La Fille du régiment, opéra exubérant de Donizetti, où Natalie Dessay donne la réplique au ténor péruvien Juan Diego Florez. Ce spectacle a enchanté Covent Garden, à Londres, en 2007. Il a également été joué à New York, au Metropolitan Opera, en 2008. L'une des représentations a été retransmise en direct dans de nombreuses salles de cinéma lors d'un festival au printemps dernier.
Plus récemment, Natalie Dessay a pris part, comme récitante, à l'enregistrement du conte La petite sirène, de Hans Christian Andersen, illustré par la célèbre musique Peer Gynt de Grieg (chez Didier Jeunesse). Cette mère de deux enfants s'y amuse à jouer plusieurs personnages à l'intention des jeunes auditeurs.
Enfin, le 14 novembre dernier, la soprano a fait l’objet d’une émission exceptionnelle diffusée sur France 2. Elle a été filmée durant un an entre les Etats-Unis et la France, pour le compte d’un «Musique au cœur 5 étoiles» d’Eve Ruggieri, par la cinéaste israélienne Esti, son amie depuis quelques années.
Une nouvelle voix, de nouveaux défis
Ces dernières années ont vu la voix de Natalie Dessay évoluer vers plus de gravité, un phénomène naturel pour tout chanteur. Fini les rôles haut-perchés et virevoltants de soprano colorature qui firent sa renommée (la Reine de la Nuit chez Mozart, la poupée Olympia chez Offenbach, Lakmé chez Delibes...), une toute nouvelle palette de personnages s'ouvre à elle. Cette mue, inéluctable, ne lui cause pas la moindre nostalgie : «Je n’ai aucun regret, c’est ce que je voulais ! Ca me permet d’aborder des rôles que je n’aurais pas pu envisager il y a dix ans, comme La Traviata de Verdi (rôle de Violetta), Jules César de Haendel (Cléopâtre), Pelléas et Mélisande de Debussy (Mélisande), Les Puritains de Bellini (Elvira), Le Dialogue des Carmélites de Poulenc (Blanche). Certains de ces projets sont signés, d’autres pas encore.»
Ainsi, en janvier 2009, Natalie Dessay fera son retour sur scène, à Vienne, pour ses débuts dans l'opéra "Pelléas et Mélisande", dans une mise en scène signée Laurent Pelly, à qui elle doit certains de ses plus beaux souvenirs scéniques. La native de Lyon en sera la co-héroïne, partageant l'affiche avec son mari Laurent Naouri dans le rôle de Golaud. Quelques semaines plus tard, elle repartira à New York pour reprendre le rôle d'Amina dans "La somnambule" de Bellini, au Metropolitan Opera de New York.
Au printemps, la chanteuse fera escale pour deux soirées à Toulouse, fin mai 2009, le temps de célébrer la musique de Michel Legrand, dans une scénographie de Laurent Pelly.
L'été 2009 marquera un autre événement dans la carrière de Natalie Dessay. Le 3 juillet, la chanteuse devrait faire ses grands débuts dans le rôle de Violetta, dans "La Traviata", à l'opéra de Santa Fé, au Nouveau-Mexique. Elle retrouvera à nouveau Laurent Naouri (qui jouera Germont en alternance) et l'incontournable Laurent Pelly, pour mener à bien ce projet, symbole d'un tournant capital dans la carrière d'une ancienne poupée désarticulée...
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