Rayhana
AFP - Pierre VerdyL'artiste avait été aspergée d'essence mardi alors qu'elle se rendait dans ce théâtre à Paris (XIe), où elle joue actuellement sa pièce "A mon âge, je me cache encore pour fumer".
"C'est un acte criminel. On s'est attaqué à une femme libre, qui crée des pièces qui dérangent certains", a dit Sihem Habchi, présidente de "Ni putes, ni soumises".
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Dans cette pièce, qui se déroule dans un hammam, neuf femmes conversent librement sur leur quotidien et leurs difficultés au sein de la société algérienne.
Malgré l'agression, Rayhana a décidé de jouer la pièce, la première qu'elle ait écrite en français, jusqu'à son terme.
"Son rôle, c'est d'être dans le théâtre et nous d'être dans la rue", a martelé Sihem Habchi, qui a décrit l'artiste comme "épuisée".
Manif de soutien devant la Maison des Métallos
Sous la pluie, des militants associatifs, des élus et des représentants du Parti socialiste, du Parti de gauche ou des Verts se sont massés devant l'entrée de la maison des Métallos, certains brandissant des affichettes blanches et rouges réclamant "laïcité, égalité, mixité".
"Rayhana nous sommes là", scandaient devant la Maison des Métallos des personnes venues soutenir l'artiste, parmi lesquelles on remarquait l'imam de Drancy (Seine-Saint-Denis) Hassen Chalgoumi. D'autres arboraient un tee-shirt blanc où était inscrit en lettres rouges "Fumer sans se cacher peut tuer", en référence à l'intitulé de la pièce.
Le député-maire PS d'Evry, Manuel Valls a déclaré qu'il va proposer à Rayhana "que la scène nationale d'Evry accueille sa pièce". "Je voudrais que le maximum de théâtres en banlieue accueillent sa pièce", a-t-il ajouté, voyant là la "meilleure réponse" à l'agression.
De son côté, l'adjointe au maire de Paris chargée de l'égalité hommes/femmes Fatima Lalem a souhaité "plus de moyens pour faire un "travail de prévention du sexisme dans les quartiers".
Dès jeudi, Fadela Amara, secrétaire d'Etat chargée de la Ville s'était dite révoltée par cette agression qui "nous rappelle malheureusement que la lutte pour l'émancipation des femmes et contre l'obscurantisme est toujours d'actualité".
Après l'agression, des mesures de sécurité renforcées ont été prises avec la préfecture et les services de protection des publics de la ville de Paris, a indiqué le directeur de la Maison des Métallos, Philippe Mourrat.
La jeune écrivaine n'a pas souhaité sortir du théâtre pour s'exprimer devant ses soutiens.
Une agression précédée de menaces verbales
Rayhana a indiqué jeudi avoir fait l'objet de premières menaces verbales le 5 janvier. "Deux hommes m'ont traité dans la rue de putain et de mécréante", a ajouté Rayhana, qui avait déposé une première plainte après ces intimidations.
Malgré son agression, alors qu'elle se rendait à la salle de spectacles, Rayhana est montée sur scène afin d'assurer la représentation de la pièce qu'elle a écrite.
Depuis le 8 décembre, neuf comédiennes se présentent chaque soir sur la scène de la Maison des métallos, établissement culturel de la Ville de Paris, pour interpréter l'oeuvre de Rayhana. Elles incarnent neuf figures de la féminité aux prises avec le refoulement et la violence, réunies dans un hammam à Alger.
Les représentations d'"A mon âge, je me cache encore pour fumer", qui affichent complet, s'achèvent samedi soir.
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>> Voir la critique de la pièce de Rayhana



